Steve Frécinaux

Le charme oriental

Fubuki, elle, n’était ni Diable ni Dieu : c’était une japonaise. Toutes les Nippones ne sont pas belles. Mais quand l’une d’entre elles se met à être belle, les autres n’ont qu’à bien se tenir. Toute beauté est poignante, mais la beauté japonaise est plus poignante encore. D’abord parce que ce teint de lys, ces yeux suaves, ce nez aux ailes inimitables, ces lèvres aux contours si dessinés, cette douceur compliquée des traits ont déjà de quoi éclipser les visages les plus réussis. Ensuite parce que ses manières la stylisent et font d’elle une œuvre d’art inaccessible à l’entendement.

Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, Albin Michel, 1999