Steve Frécinaux

Linux: Premier contact

Un nouvel invité se taille désormais la part du lion sur mon ordinateur de bureau. L’espace disque dédié au monstre de Microsoft, à savoir le bizarrement nommé Windows XP, s’est réduit comme peau de chagrin, au profit d’une distribution de (devinez qui, devinez quoi) GNU/Linux. Il faut dire que le bougre l’avait cherché.

Je ne détaillerai pas trop les raisons qui m’ont donné envie de “passer à autre chose” (les points idéologiques et pratiques de la chose pourraient à eux seuls remplir un site entier), en fait le passage est plus une question de ras-le-bol, vous savez, l’histoire de la goutte qui fait déborder le vase (en l’occurence, la suppression d’une partition non-demandée lors de la réinstallation de XP, qui m’a de ce fait fait perdre quelques Go d’archives diverses, heureusement sans trop grande importance pratique. Alors vous savez ce que c’est, quand l’impression de contrôle absolu disparaît (alors qu’en plus, de tout côtés, on ne parle que des nouvelles technologies microsoftiennes pour vous priver du droit d’utiliser votre PC), on a envie de changer d’air. Et Linux, avec ses grands airs d’environnement 100% pur geek, ses fichiers de configuration et plein d’autres choses encore, qui vous promettent un contrôle quasi-absolu sur votre machine, ça fait rêver. J’en avais déjà un aperçu sous Windows avec des logiciels comme Firefox ou Apache, mais sous Linux, le peu que j’en ai déjà vu m’emmêne déjà au septième ciel !

Donc j’ai installé Linux. Une distribution Fedora Core 1.0 pour être exact, que j’ai choisi parce qu’elle était livrée avec un mode d’emploi (certes plus que succint) avec le Linux CD #5 de ce mois, et qu’en plus elle a bonne réputation, et qu’elle est appropriée pour les débutants du monde Linux, dont je fais partie. Et effectivement, pour avoir pu comparer Fedora avec WinXP dans un intervalle de temps très court, tant au niveau de l’installation que de la maintenance, je pense que l’on ne peut plus décemment dire que Linux est plus difficile d’accès que Windows (je parle ici d’un usage basique, pas de l’usage qu’en ferait un geek, ou que j’en ferai d’ici quelques temps)

L’installation, d’abord, se fait comme un charme (si l’on excepte le fait que le CD2 du mag’ était corrompu, et que donc j’ai dû le regraver, mais l’installation propose de vérifier l’intégrité des CDs avant installation, et donc cela ne porte pas à conséquence). Deux fois moins de temps que pour XP, et une bonne possibilité de configuration, notamment la possibilité de choisir une installation “standard” suivant l’emploi que l’on a de son PC, plutôt que de plomger à corps perdu dans la sélection des packages. A ce point, elle est même bien plus simple que pour une installation de Mandrake 9, c’est dire…

Moi, évidemment, je me suis lancé dans la sélection des packages ;). Ici aussi, c’est assez intuitif, les paquets sont triés par catégories, et les dépendances sont gérées de façon transparente. C’est un plus pour le débutant que je suis, mais je pense que ça doit être assez embêtant pour celui qui s’y connaît, de ne pas savoir exactement quelles librairies seront installées. On aurait apprécié la possibilité de switcher entre ce mode “transparent” et un mode détaillé. Elle existe peut-être, mais je ne l’ai pas vue.

Ce qui frappe en premier lieu, cependant, c’est la diversité des paquets remplissant la même fonction, qui est tout à fait contraire à ce qui se fait sous Windows. Ainsi, l’installation me propose déjà deux gestionnaires de fenêtre (les célèbres Gnome et KDE), trois navigateurs web (Mozilla, Konqueror et Epiphany), deux suites bureautiques (OpenOffice et KOffice), une floppée de clients mail, de logiciels de messagerie instantannée, d’éditeurs texte, j’en passe et des meilleures. C’est assez déroutant (laquelle prendre ?) mais l’avantage est que ça permet de vraiment choisir les outils qui nous correspondent le mieux, d’autant plus que la plupart sont d’une manière ou d’une autre compatibles entre eux.

Pour la maintenance, maintenant, rien de plus simple que d’installer ou de mettre à jour un package. L’utilitaire de mise à jour fourni (YUM est un bonheur à utiliser. Après configuration (et encore, sans configurer ça marche aussi, mais ce sera juste un rien plus lent), il suffit, par exemple, pour installer Firefox, de taper de la console :

yum install firefox

Et c’est fait ! Même du côté du matériel (coup de chance ?) certains périphériques ont été reconnus immédiatement par Linux alors que XP se montrait récalcitrant…

De plus, pour un “codeur”, le monde de linux représente une aubaine rare, de par le nombre de langages de programmation disponibles (en particulier le C et le Python, mais aussi PERL, Java, TCL, LISP, etc.), le nombre d’éditeurs de texte adaptés à ceux-ci (coloration syntaxique), le tout en 100% libre :). Et puis y’a la console, cette console que j’ai toujours appréciée, qui a tendance à s’effacer de plus en plus dans le monde microsoftien, mais qui est toujours très présente dans le monde de linux… Et aussi l’opportunité de pouvoir comprendre de façon assez intime le fonctionnement du système, opportunité qui n’est hélas pas présente dans le monde Windows moderne…

Bon, je ne nierai pas qu’il transparaît ici l’euphorie des débuts, une utilisation plus prolongée devrait faire

Un dernier avantage immédiat de la migration (après j’arrête) : j’ai redécouvert IRC, et par là-même j’ai pu, via le canal #openweb, lier connaissance avec certains acteurs de la blogosphères, et non des moindres, que je ne citerai pas pour ne pas blesser leur modestie… :D

Je sens qu’après mon ordinateur de bureau, c’est le portable qui va y passer, d’ici à la semaine prochaine, histoire d’accélérer mon apprentissage de linux, et mon sevrage de “l’autre”, celui qui est partout mais qui est devenu bien difficile à supporter dans ses instants de folie…